« There is more in the lust for a mountain top than a perfect physical adjustment. What more there is lies within the mountain. Something moves between me and it. Place and a mind may interpenetrate till the nature of both is altered. I cannot tell what this movement is except by recounting it. »
Nan Shepherd, « The Living Mountain »
Parcourir la montagne, corps en mouvement immergé dans le paysage comme dans l’espace de la toile. Temps de la marche, temps du regard vagabond, temps de l’œil qui se fixe et enregistre la sensation.
Le pinceau en mouvement sur la toile rappelle à lui les sensations mémorisées pour construire une expérience nouvelle de l’espace parcouru – paysages oniriques où les champs colorés, les différentes densités de la matière, l’absorption du support constituent le tableau.
Qui l’a fréquentée sait que la montagne millénaire peut se transformer, colorée par la lumière ou effacée par le brouillard.
La peinture effleure la toile – absorbée, diffusée – elle l’épargne, la couvre et la recouvre, couches de peintures et strates de temps, accumulation de petites et grandes mutations. Les moments du voyage s’écrivent et se superposent, entrecoupés de temps de séchage, d’éloignement, d’oubli, de retour – présence agissante enfouie dans l’expérience intime de la couleur et dans l’écoulement du temps.